Certains bâtiments méritent d’être défendus, de nombreuses granges et longères disparaissent peu à peu. Les toitures s’effondrent, les murs se fragilisent, et avec eux disparaît une partie du paysage rural. Pourtant, ces bâtiments possèdent encore un potentiel immense !
Le projet de Monsieur et Madame M. ne cherche pas à restaurer entièrement une grange. L’ambition est différente : préserver l’enveloppe d’un bâti ancien et lui donner un rôle nouveau.
La grange devient alors une protection ! Une architecture qui agit comme un pare-pluie, un paravent, un abri pour des microhabitats installés à l’intérieur.
Concevoir avec le lieu, jamais contre lui
Dans ce projet, la longère existe depuis des décennies, les années l’ont marquée, les usages agricoles ont disparu, mais sa structure est restée debout. En Novembre 2025, je découvre avec les propriétaires que cette longère va être privée d’avenir par un dépastillage. On décide alors d’agir, rencontrer les élus, proposer un projet surprenant et déposer un certificat d’urbanisme opérationnel !
Plutôt que de transformer radicalement le bâtiment, le projet propose une autre approche : conserver l’enveloppe et réinventer l’usage.
La grange devient alors un écrin architectural, capable d’accueillir de nouvelles formes d’habiter, c’est là que tout bascule, on nous écoute et le dialogue commence.
Le principe est simple : l’ancien protège, le contemporain habite ! La grange devient refuge pour des microhabitats.
La structure de la grange agit comme une enveloppe climatique et architecturale. Elle protège les microhabitats des intempéries, tout en conservant la silhouette du bâtiment dans le paysage.
Ce qui rend ce projet particulièrement intéressant , c’est la double perception du lieu. Depuis la rue ou les chemins alentours, on distingue avant tout l’enveloppe de la longère. Le regard rencontre une silhouette familière, celle d’un bâtiment ancré dans le territoire.
Mais lorsque l’on pénètre à l’intérieur, on. y découvre des petits habitats ouverts vers la vallée.




Un projet inscrit dans le paysage de la vallée & construit avec le territoire !
Ici, la rivière a modelé les reliefs, les chemins et les points de vue, les paysages alternent entre prairies, bocages et vallons, créant un territoire très vivant.
Les randonneurs parcourent régulièrement les sentiers de la vallée et aperçoivent la longère depuis les chemins situés en contrebas du terrain, le bâtiment fait donc déjà partie du paysage.
Préserver sa silhouette, c’est aussi préserver la lecture du territoire pour ceux qui le traversent. Et c’est exactement ce qui a plu aux élus lors de la commission de présentation du projet ! Oui, oui, on passe des commissions de temps en temps en microhabitat ^^ = à chaque fois !
Imaginer de nouveaux modes d’habiter ne signifie pas travailler seul. Pour que ce projet puisse voir le jour, il a fallu dialoguer avec les acteurs du territoire : la communauté de communes, la mairie, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement et les Architectes des Bâtiments de France.
Ces échanges sont essentiels pour inscrire le projet dans une vision plus large : celle du paysage, du patrimoine et de l’avenir du site.
Les règles d’urbanisme françaises peuvent parfois sembler complexes, mais elles participent aussi à protéger la qualité des paysages et du patrimoine.
Pour des projets innovants comme le micro-habitat, avancer, signifie donc souvent embarquer les institutions dans la réflexion !
Quand innovation et patrimoine avancent ensemble
Les discussions avec les élus, les techniciens et les architectes du patrimoine permettent d’affiner l’intention du projet :
Comment préserver l’identité du bâtiment ? Comment respecter la vallée et ses paysages ? Comment intégrer des habitats contemporains sans dénaturer le site ? Quelles vont être les solutions d’assainissement ? Ainsi que les moyens de gestions pour la sécurité incendie et de secours ?
Ce dialogue transforme le projet en travail collectif, où chaque regard enrichit la réflexion et c’est souvent dans cette rencontre entre innovation et patrimoine que naissent des projets justes !




Trois regards, une ambition : faire vivre le patrimoine français
Pour Monsieur et Madame M. le projet préserve leur patrimoine et leur bien, qu’ils pourront ensuite transmettre à la génération future.
Pour les collectivités et élus, le projet démontre l’innovation, la valorisation du territoire et la préservation de la mémoire du lieu.
Et pour l’Agence Meredith, le projet devient une référence, la longère ne disparaît pas. Elle devient un refuge pour une nouvelle architecture, le microhabitat.
J’espère que vous êtes prêts pour les années à venir, le microhabitat j’y crois et je ne vais pas arrêter de vous en parler sur le site de l’agence ! Juste ici !

2 Comments
Corinne
Bel article, inspirant. Hâte de connaitre la suite du projet.
Andréa
Magnifique projet! Quand le patrimoine et le microhabitat ne forment plus qu’un, cela devient de la magie! Bravo à l’agence Meredith pour cette nouvelle prouesse.